What Europe (EN)

From Noeuconstitution

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What other Europe do we want?

(to be translated)

La victoire du “ Non ” lors des référendums sur le traité constitutionnel européen en France et aux Pays Bas a réveillé bien des spéculations. Beaucoup d’entre nous veulent prendre leur part dans la construction de l’Europe de demain mais rejettent l’Europe d’aujourd’hui, néolibérale et antisociale. Les “ Non ” français et hollandais ont aussi exprimé la voix de cette majorité de citoyens européens qui n’ont jamais été consultés.

Le “ Non ” a réveillé l’espoir. Espoir d’une alternative. Il a aussi souligné le besoin urgent de décrire quelle sorte d’Europe nous voulons. D’autant que, si le traité constitutionnel a été mis au frigo, avec une possibilité qu’il ressorte en juin prochain, d’autres orientations préparées à l’échelle européenne sont en œuvre et forgent cette Europe dont on ne veut pas : le processus de Lisbonne, la directive en faveur de la libéralisation des services, dite “Bolkestein", les négociations menées par le commissaire européen Mandelson en faveur de l’AGCS dans l’OMC

Si on veut dire “ non ”, si on veut mener la contestation et la résistance – et il faut certainement continuer à le faire face à tous ces projets européens néolibéraux et antisociaux -, il faut aussi définir ce avec quoi on serait d’accord, avec quoi on pourrait dire “ Oui ”. Bref, à l’opposition, il faut ajouter l’alternative. Or, ceci est un processus plus difficile, car dans le mouvement les origines et les horizons sont différents, les points de vue aussi. Il va donc falloir discuter, débattre en profondeur sur ce qui peut nous unifier, tout en respectant les diversités de chacun.

Nous souhaitons à travers ce site lancer ce débat en profondeur. Nous souhaitons transcender les divisions et les différences de points de vue afin de définir un ambitieux et commun projet pour l’Europe, en faveur d’une autre Europe, radicalement différente de celle qui est en construction aujourd’hui.

Taking back the offensive on social Europe

Dix grandes propositions à débattre

1. Droits de base garantis à tous les Européens : Droits universels et non exclusifs, incluant égalité des droits pour toutes les minorités et les genres.

Ce sujet nécessite plus d’analyse. Le principe semble bon mais les moyens de l’appliquer ne sont pas encore clairement définis. Autrement dit : sur quoi ces droits de base portent-ils ? quels sont les droits de base qui devraient être ceux qui seraient, en premier lieu, garantis ?

Vos contributions sur : Droits fondamentaux

2. Solidarité entre tous les Européens

C’est à dire entre les classes sociales, les régions et territoires, les générations (présentes et futures), l’Europe et le reste du monde, les secteurs économiques (gagnants et perdants), les sexes (viser l’égalité entre hommes et femmes). Ceci demanderait qu’on accroisse les budgets pour redistribuer la richesse, par exemple à travers les “ fonds structurels ”. Mais il faudrait sans doute aussi préciser ce qu’on entend par solidarité et ce que cela implique.

Vos contributions sur : Solidarité entre tous les Européens

3. Convergence par le haut des droits sociaux en Europe

Ce qui signifie, d’abord, définir une liste des droits sociaux existant dans toute l’Europe. Ensuite, il y a la revendication de défendre des minimums sociaux en fonction de critères liés à la richesse du pays (exemple : niveau minimum de revenus défini en fonction du Produit intérieur brut, PIB). Autre formulation : lancer un processus de convergence par le haut des standards sociaux et écologiques basés sur les meilleures normes (avec surveillance continue et pas de possibilité de retourner en arrière). On appelle aussi cette demande “ modèle d’harmonisation par le haut non régressif ”.

Vos contributions sur Convergence par le haut des droits sociaux

4. Convergence par le haut des conditions de travail en Europe

Principe du pays de destination (et non d’origine, comme dans la directive “ Bolkestein ”) avec harmonisation dans le futur : droits transnationaux pour tous les travailleurs européens (par exemple : droit de grève…). Les règles locales doivent s’appliquer d’abord, aussi longtemps qu’il n’y a pas harmonisation (par le haut) au niveau européen. Dans certaines conditions, l'on pourrait aussi envisager un principe du pays d'origine, et cela dans le cas où des entreprises allemandes par exemple abusent des bas salaires ou des mauvaises conditions du travail dans un pays de l'Europe de l'est. L'on pourrait alors les forcer de se tenir aux normes en Allemagne.

Vos contributions sur : Conditions de travail en Europe

5. Services publics solides de haute qualité

Il s’agit de développer des services publics solides et non soumis à la concurrence, financés en suffisance pour qu’ils soient efficaces, modernes et qu’ils garantissent l’accessibilité de tous. L’éducation, la santé et la culture doivent être définis comme des biens publics. Il faut assurer une harmonisation par le haut de la qualité des services entre les pays européens et garder en tête le problème des langues dans les institutions et entre citoyens. La convention a accordé à ce sujet une priorité élevée. Mais, s’il y a convergence sur le principe, il y a peut-être des points de divergence dans le contenu et l’application. C’est donc à préciser.

Vos contributions sur : Services publics

6. Développer une politique européenne des impôts

A court terme, il faut focaliser sur des initiatives fiscales et des modèles d’amélioration par le haut pour empêcher le dumping fiscal. Ensuite, à plus long terme, nos revendications seraient de baisser les impôts sur les produits de base, de développer des impôts indirects plus justes et, bien sûr, d’appliquer la taxe Tobin.

Vos contributions sur : Une politique européenne des impôts

7. Construire une alternative de développement écologique et durable

Il a été proposé de discuter des alternatives économiques et des modèles sociaux (spécialement environnementaux). Il faut faire le lien entre sujets sociaux et écologiques. Avec deux questions concomitantes : quelles limites environnementales pour la croissance de l’économie ? Quid de la production si nous voulons redistribuer de la richesse ?

Vos propositions sur : Développement écologique et durable

8. Politique de défense de l’Union européenne

Non à la militarisation ! La politique militaire doit être uniquement défensive. L’Union européenne doit être indépendante de l’OTAN. Sauf, sur ce dernier point, il y a des points de divergence sur la question militaire. En premier lieu, il s’agit de définir sa place dans les revendications. En second lieu, il faut préciser quelle Europe pacifique nous voulons : sans ou avec armée ; quelle armée ? Enfin, quel rôle de l’Union européenne dans le monde ? Serait-on d’accord d’envoyer des troupes à l’étranger si les Nations unies le demandaient ? Ceci est directement lié à une autre interrogation : quelle politique étrangère européenne, quelle relation l’Europe doit-elle avoir avec le reste du monde ?

Vos contributions sur : Politique étrangère commune . Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) . Paix

9. L’Europe comme un acteur global

La politique européenne ne peut se voir seulement à l’échelle du continent. Il s’agit de concevoir l’Union européenne dans ses relations avec le reste du monde. Une autre Europe n’est pas possible sans un autre monde. En revanche, ce que cela signifie concrètement est plus problématique à définir. Dans cette perspective, trois accents ont été soulevés, n’étant pas nécessairement antinomiques. D’abord, il faut que l’Union européenne ait une politique de justice globale avec ses partenaires et dans les organisations internationales (notamment en ce qui concerne les politiques du commerce, le développement, l’immigration.) Ensuite, il faut renforcer l’indépendance européenne. Les politiques européennes sont largement influencées par les Etats-Unis. Nous ne pouvons pas construire l’Europe que nous voulons aussi longtemps que nous ne sommes pas réellement indépendants de Washington. Cela concerne non seulement les attitudes au sein des institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OMC), mais aussi la lutte contre le terrorisme, les politiques migratoires, etc. Enfin, il faudrait éviter que l’Europe soit considérée comme modèle. Eventuellement un exemple, mais pas un modèle. Il faut respecter les autres modèles économiques et sociaux existant dans le monde. Mais il y a beaucoup d’interrogations sur ce plan : l’Europe “ sociale ” est-elle un modèle alternatif, en comparaison avec le néolibéralisme américain ? son développement pourrait-il servir d’espoir pour les autres pays et régions du monde ?

Vos contributions sur : Coopération avec les pays tiers et aide humanitaire . Elargissement . OMC - Organisation mondiale du commerce . OCDE

10. Prendre en compte les aspects qualitatifs de la réalité sociale et l’exprimer : Ne pas parler seulement en termes de nombres et graphiques.

On peut le voir, il y a encore beaucoup de pain sur la planche. Il y a sans doute des convergences – ce serait à désespérer sinon, pour un mouvement qui se veut alternatif -, mais il y a aussi des divergences. Elles portent sur des différences de points de vue ou sur l’importance que l’on accorde à certaines questions ou à d’autres. C’est pour cela qu’il est important d’en débattre et de préciser ce qu’on veut véritablement. C’est essentiel d’affiner les arguments en faveur de telle ou telle position. Cela permettrait de gagner à nos thèses ceux qui n’y croient pas aujourd’hui. Ou cela préciserait l’état des discussions tout simplement. Un autre aspect est la généralité des propositions soumises. Souvent elles sont vagues, confuses, imprécises, partant d’une bonne intention générale. Cela reflète la manière différente avec laquelle bon nombre de problèmes sont abordés dans les différents pays et la difficulté d’obtenir une formulation qui satisfasse tout le monde. Néanmoins, cela paraît indispensable. Un des buts du débat sera donc aussi d’arriver à des revendications plus ciblées et plus percutantes, qui pourraient servir à l’ensemble du mouvement.

Vos contributions sur : aspects qualitatifs

Construire l’Europe de la solidarité, ensemble

Les dirigeants européens, relayés et appuyés en cela par les différents gouvernements nationaux, n’ont en tête qu’une Europe de la compétitivité, où les avantages sociaux peuvent être laminés au profit des rémunérations des présidents de multinationales, des cours boursiers et des intérêts et des dividendes versés aux actionnaires. Opposons leur une autre Europe, une Europe radicalement différente, l’Europe de la solidarité. Mais celle-ci ne pourra se faire qu’avec l’assentiment des salariés, chômeurs, pensionnés et donc à travers leurs participations actives.

Le processus lancé par ce site se veut un outil pour que les voix des sans grade, sans emploi, et autres sans, qui ne font pas partie de l’élite européenne, se fassent entendre. Non seulement par le rejet des politiques antisociales menées par l’Union européenne, mais par des revendications qui permettront de façonner cette Europe sur d’autres bases que celles qui sont en cours actuellement. Participez à cette discussion ! Vous êtes les premiers concernés ! C’est ensemble qu’on pourra changer l’Europe. C’est ensemble que notre voix comptera.

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